La nourriture : Un problème et des solutions qui aggravent le problème !

23 Feb

La nourriture : Un problème et des solutions qui aggravent le problème !

Akil CHEIKH HUSSEIN

Entre mourir de faim ou manger n’importe quoi pour vivre quelques mois ou années de plus mais n’ayant rien d’enchantant, l’homme de l’actuelle ère post-moderne n’a pas beaucoup de choix.

Le scandale des viandes chevalines commercialisées dernièrement en Europe sous des étiquettes les présentant comme de la viande bovine est une affaire frauduleuse comme on en trouve partout et de tout temps. Mais elle n’est que la partie émergée de l’iceberg.
On sait que, depuis des années, des «déchets» (carcasses, tripes, intestins, poumons et autres restes des animaux abattus pour la consommation) sont broyés, coloriés et traités avec des produits chimiques suspects avant d’être ajoutés à des proportions arrivant à 60 ou 70 pour cent aux viandes bovines destinées à la consommation par le grand public dans le monde entier.

Les fournisseurs ne sont pas à court de justifications. Ce sont, disent-ils, des protéines, des calories et des vitamines. Et ils ne manquent pas de renchérir en prétendant servir ainsi les grandes causes économiques et écologiques : Selon des sites Internet occidentaux, un représentant d’une firme américaine qui abat entre 4500 à 6000 têtes de bétail chaque jour se montre fier en soulignant que l’usage de ces «déchets» permet à son entreprise, donc à l’humanité entière, «d’économiser l’équivalent de 1,5 million d’animaux chaque année».

On économise davantage avec un procédé moins encombrant : Ce qu’on appelle «viande séparée mécaniquement» et qui abonde dans les marchés n’est pas vraiment de la viande dans la mesure où l’animal tout entier, squelette comprise, est broyé. Il en est de même avec les viandes dont on multiplie par deux ou trois la taille et le poids en y injectant des quantités d’eau grâce à des machines équipées de seringues infiniment fins.

Encore de la fraude, mais cela n’empêche pas de reconnaître que la difficulté de produire de quoi manger à des milliards d’hommes, surtout dans les conditions de la catastrophe climatique, croît à un rythme de plus en plus accéléré et que, par conséquent, le besoin s’impose de rentabiliser chaque molécule de protéine. Mais pour combien de temps nos sociétés de consommation pourront-elles continuer de compter sur ce genre de solutions ?

La même question s’impose quant à la prolifération actuelle des appels visant à promouvoir l’introduction dans notre mode nutritif de la «dégustation» de cette inépuisable source de protéine constituée par les centaines et les milliers d’espèces d’animaux et d’insectes allant des rats, des lézard et des cafards, aux fourmis, vers de terre, scarabées, papillons et scorpions… Il suffit seulement de changer les habitudes nutritionnelles, disent-ils ! Et il suffit d’imaginer cette grande ruée d’êtres humains qui quittent quotidiennement leurs mégapoles pour exercer cette nouvelle activité humaine qu’est la chasse aux insectes ! Ou, plus précisément, à ce qui reste de ces créatures à un moment où chaque seconde qui s’écoule voit s’éteindre des dizaines d’espèces sous les coups des changements climatiques engendrés par la modernité et ses modes de vie.

Autres idées dites révolutionnaires se répandent très sérieusement. Pourquoi ne pas transformer les toits des immeubles et gratte-ciels en potager ? Il suffirait de ramener de la terre et des engrais «biologiques», bien sûr, puis planter et cueillir des tomates, des laitues et même des oranges ! Cela, nous dit-on, comble une grande partie de nos besoins alimentaires et, en plus, c’est beau et écolo.

Et pendant qu’en s’amuse de la sorte, l’industrie agro-alimentaire et les firmes multinationales poursuivent leur marche glorieuse dans la «lutte» scientifique pour assurer de la nourriture aux sept milliards d’individus qui peuplent la planète actuellement et qui atteindront le nombre de 10 milliards dans vingt ans.

En fait, et en dépit des interventions qui ont réussi à mieux rentabiliser les viandes, produits laitiers, céréales, légumes et fruits par l’usage de nourritures et d’engrais enrichies par des «déchets» eux-mêmes enrichis par des produits chimiques et des hormones, interventions qui assurent actuellement la nutrition de la quasi-totalité des personnes possédant encore un certain pouvoir d’achat, il s’avère bien que cette révolution reste trop insuffisante pour parer à la crise alimentaire.

Les OGM sont déjà là. Ces «Organismes Génétiquement modifiés» qu’on produit aux Etats-Unis sont des animaux et des végétaux très «Intéressants». Rien qu’avec l’implantation d’un gène de souris, on arrive à obtenir des vaches hyper musclées…

On résiste encore en Europe aux pressions exercées par les Américains en vue de permettre l’accès de ses produits dans les pays européens. Pour des raisons économiques mais aussi parce que des études scientifiques ont montré l’existence d’une relation significative entre la consommation de ces produits et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Mais déjà en Europe et ailleurs, on trouve des produits laitiers nettement moins chère confectionnés rien qu’avec de l’amidon et d’autres produits chimiques… Les laboratoires s’attellent également à la tâche de produire des viandes et des légumes par ce même procédé pour ainsi obtenir des «substituts» nutritifs.

A ce rythme, tout donne à penser que l’industrie agro-alimentaire finira par rompre avec tout ce qui est «agro» pour ne plus être qu’une industrie dite alimentaire. Et la question se pose : A quel genre de substituts d’hommes conduira une telle alimentation ?

Source : moqawama.org

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