John Kerry au chevet d’une Egypte en feu, l’opposition le boycotte

4 Mar

John Kerry au chevet d’une Egypte en feu, l’opposition le boycotte

En provenance de Turquie, le secrétaire d’État américain a entamé samedi sa visite au Caire destinée à pousser à un consensus entre pouvoir et opposition. Cependant, le responsable US n’est pas le bienvenu chez l’opposition, dont des chefs s’abstiennent de le rencontrer.

John Kerry, qui effectue sa première tournée internationale depuis sa prise de fonctions le 1er févier, doit s’entretenir avec le président Mohamed Morsi, ainsi qu’avec des représentants de plusieurs partis politiques, des organisations de la société civile et des hommes d’affaires. “Il travaille à établir des contacts avec le gouvernement, l’armée, et les personnes impliquées dans la nouvelle Égypte : les dirigeants politiques, les chefs d’ONG, les hommes d’affaires”, selon un responsable du département d’État.

Des opposants refusent de rencontrer Kerry

Un chef de file de l’opposition égyptienne, Hamdeen Sabahi, a indiqué jeudi avoir refusé, avec un autre opposant de renom, Mohamed ElBaradei, de rencontrer M. Kerry, en raison des pressions de Washington visant à convaincre l’opposition de revenir sur sa décision de boycotter les élections législatives prévues à partir du 22 avril.

“J’ai reçu une invitation et je l’ai rejetée, et M. ElBaradei en a aussi reçu une et a fait demême”, a déclaré dans une interview à la chaîne ONTV ce dirigeant du Front du salut national (FSN), une coalition de partis et de mouvements en majorité de gauche et libéraux.

“Nous voulons envoyer le message que nous rejetons la pression américaine”, a-t-il ajouté. Un conseiller d’un autre cadre du FSN, l’ancien ministre des Affaires étrangères Amr Moussa, a indiqué que celui-ci ne participerait pas non plus à une rencontre avec M. Kerry au cours de laquelle l’opposition pourrait être appelée à revenir sur sa décision de boycott.

Kerry opposé au boycott de l’opposition

Le secrétaire d’État est disposé à s’entretenir avec tous les partis politiques, a indiqué aux journalistes le responsable du département d’État. “John Kerry ne va pas leur dire ce qu’il faut faire”, mais il soulignera le fait que “la seule manière de se faire entendre, c’est de participer aux élections”.

Le FSN accuse les Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, de vouloir “dominer” les institutions de l’État, exige un gouvernement de “salut national” et explique le boycott du scrutin par l’absence de garanties sur sa transparence.

L’opposition a organisé des manifestations de masse contre Mohamed Morsi en novembre et décembre pour dénoncer les pouvoirs exceptionnels qu’il s’était arrogés – auxquels il a finalement renoncé – et contester une Constitution rédigée par une commission dominée par les Frères musulmans qui a été adoptée. Lors d’un entretien téléphonique cette semaine, le président Barack Obama a dit à Mohamed Morsi qu’il était “responsable de la protection des principes démocratiques”, l’encourageant, ainsi que “tous les groupes politiques, à oeuvrer au consensus et à faire progresser la transition”.

Des manifestants incendient un commissariat à Port Saïd

Alors que John Kerry arrivait au Caire, des manifestants ont mis le feu à un commissariat à Port Saïd (nord-est), une ville qui observe un mouvement de désobéissance civile pour la troisième semaine consécutive afin de protester contre la politique du président Mohamed Morsi.

Quelque 500 manifestants ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur le commissariat de cette ville du nord-est de l’Egypte, provoquant un incendie, et bloqué l’accès aux pompiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Les manifestants s’étaient rassemblés devant le commissariat après des affrontements au cours desquels deux hommes avaient été blessés quand un camion de police a heurté des personnes manifestant un peu plus tôt, a indiqué le ministère.

Des violences similaires ont eu lieu dans le Delta du Nil (nord), où une personne a été tuée et des dizaines d’autres blessées dans des accrochages nocturnes entre policiers et manifestants à Mansoura, selon un responsable de la sécurité. Selon des médias locaux, le manifestant est mort après s’être fait écraser par une fourgonnette de la police.
Mansoura est la dernière en date des provinces du pays à lancer une campagne de désobéissance civile, après celles de Port Saïd, Ismaïliya et Suez.

Depuis le début janvier, les violences ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés dans le pays en proie à une grave crise politique.

Source : agences, édité par : moqawama.org

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